Les incendies d'étables : une source de préoccupation pour les agriculteurs de l'Ontario
Questions et réponses concernant les incendies d'étables et les incendies dans les bâtiments agricoles

Table des matières

  1. Pourquoi les incendies d'étables soulèvent-ils des préoccupations?
  2. Quelles sont les principales causes des incendies?
  3. Quelles sont les principales sources d'inflammation?
  4. Pourquoi le matériel de distribution électrique constitue-t-il une source d'inflammation aussi courante?
  5. Quelles mesures peuvent être prises pour minimiser ou éliminer les principales causes d'inflammation?
  6. Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments d'élevage existants en ce qui a trait à l'entretien du matériel?
  7. Quelles mesures peuvent être prises autour des bâtiments d'élevage existants en ce qui a trait à l'entretien général?
  8. Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments agricoles pour minimiser la propagation des flammes et ainsi aider les pompiers à contenir et à éteindre le feu?
  9. Resources

Les incendies d'étables constituent une grande source de préoccupation pour les agriculteurs de l'Ontario. L'évolution vers des exploitations agricoles de grande envergure a davantage accru la nécessité de se pencher sur le problème des incendies d'étables et des incendies dans les grands bâtiments agricoles. En 2007, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales (MAAARO) a formé un Comité consultatif technique de lutte contre les incendies à la ferme qui est chargé d'atténuer les risques d'incendie pour les travailleurs agricoles et les intervenants d'urgence. L'objectif de ce comité était de réduire les risques de pertes de vie ou de biens en repérant les pratiques exemplaires du secteur et en déterminant les modifications qui devront éventuellement être apportées à la réglementation.

Les membres du comité comprenaient :

  • Ontario Association of Fire Chiefs;
  • Bureau du commissaire des incendies et de gestion des urgences de l'Ontario;
  • Responsables du service du bâtiment des municipalités;
  • Entrepreneurs en construction de bâtiments agricoles et ingénieurs en conception de bâtiments agricoles;
  • Secteur des assurances;
  • Canadian Farm Builders' Association;
  • Ontario Pork;
  • Ministère des Affaires municipales et du Logement de l'Ontario;
  • Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

Le présent document, qui a été rédigé par le Comité consultatif technique, répond à de nombreuses questions qu'on se pose dans le secteur.

Pourquoi les incendies d'étables soulèvent-ils des préoccupations?

À mesure que les exploitations agricoles ont pris de l'expansion, les bâtiments qu'elles renferment ont gagné en taille et en valeur. Par conséquent, il est plus difficile d'éteindre les incendies qui prennent naissance dans les gros bâtiments agricoles, et les pertes pécuniaires qui en découlent sont beaucoup plus élevées. Les données du Bureau du commissaire des incendies et de gestion des urgences de l'Ontario indiquent que les incendies de bâtiments suivants sont survenus, de 2008 à 2014 :

  • 2008 : 184 incendies, perte de 30,3 millions de dollars;
  • 2009 : 186 incendies, perte de 25,45 millions de dollars;
  • 2010 : 164 incendies, perte de 29,4 millions de dollars;
  • 2011 : 186 incendies, perte de 35,96 millions de dollars;
  • 2012 : 136 incendies, perte de 16 millions de dollars;
  • 2013 : 157 incendies, perte de 31,8 millions de dollars;
  • 2014 : 150 incendies, perte de 28,4 millions de dollars.

Ces pertes englobent le coût des bâtiments, mais non celui du matériel, des produits agricoles et du bétail. Heureusement, ces incendies n'ont causé aucune perte de vie humaine à ce jour.

Bâtiment d’importance historique en flammes. Photo : avec la permission de John Johnson.

Figure 1. Bâtiment d'importance historique en flammes. Photo : avec la permission de John Johnson.

Quelles sont les principales causes des incendies?

Le Bureau du commissaire des incendies et de gestion des urgences de l'Ontario a fourni des données relatives aux causes des incendies qui ont eu lieu de 2008 à 2014. Chaque année, les causes principales des incendies évitables et déterminés furent :

  • Les défaillances mécaniques ou électriques;
  • L'utilisation impropre d'une source d'inflammation ou de matériel;
  • Des défauts liés à la conception, à la construction ou à l'entretien.

Dans environ 40 % des cas, la cause de l'incendie était indéterminée. En effet, en raison de la perte totale du bâtiment et de son contenu, il était très difficile d'en déterminer la cause.

Quelles sont les principales sources d'inflammation?

Les données laissent entendre que les principales sources d'inflammation se classent dans l'une des catégories suivantes :

  • Sources diverses (réactions chimiques, comme une combustion spontanée et un éclair);
  • Matériel de distribution électrique (câblage du circuit, matériel de distribution, rallonges, etc.);
  • Appareils de chauffage (chauffage central, tuyau de raccordement, radiateurs électriques portatifs, etc.);
  • Flamme nue (découpage ou soudage, chalumeau, articles de fumeurs, etc.).

Pourquoi le matériel de distribution électrique constitue-t-il une source d'inflammation aussi courante?

Le secteur des assurances et l'Office de la sécurité des installations électriques se sont penchés sur cette question. Il a été déterminé que le milieu corrosif caractérisant les bâtiments d'élevage constitue la cause première de la détérioration ou de la défaillance du matériel électrique. La détérioration se manifeste habituellement sous forme de corrosion des éléments métalliques exposés, c.-à-d., des fils, des raccordements électriques, etc. La corrosion accroît la résistance à ces points, ce qui ralentit le passage du courant électrique. Plus important encore, la résistance accrue favorise la transformation de l'énergie électrique en chaleur. À mesure que la corrosion augmente, la chaleur générée peut atteindre les températures d'inflammation des matières qui entourent le matériel.

Étable en flammes. Photo : avec la permission de Randy Drysdale.

Figure 2. Étable en flammes. Photo : avec la permission de Randy Drysdale.

Quelles mesures peuvent être prises pour minimiser ou éliminer les principales causes d'inflammation?

En juillet 2008, l'Office de la sécurité des installations électriques (OSIE) a publié le Bulletin 22-3-1, dans lequel il exigeait que toutes les installations électriques des enceintes fermées pour animaux dans les bâtiments d'élevage satisfassent aux exigences des lieux des catégories 1 (humidité élevée) et 2 (vapeurs et liquides corrosifs). Ce bulletin précise également les types de matériaux à employer dans de tels endroits (p. ex., conducteurs et faisceaux de câbles en cuivre).

L'OSIE recommandait en outre que tout le matériel non essentiel et les équipements dotés de dispositifs de protection contre les surintensités soient isolés des enceintes fermées des animaux et soient situés à des endroits alimentés en air propre et sec à température contrôlée. Pour de plus amples renseignements, consultez le www.esasafe.com (en anglais seulement).

La construction de locaux électriques ou de locaux d'installations mécaniques distincts pour loger les panneaux d'entrée d'électricité et le matériel similaire constitue une pratique exemplaire, car cette mesure permet :

  • De protéger le matériel contre l'humidité corrosive des étables;
  • D'installer le matériel dans des salles résistantes au feu de manière à minimiser la propagation des flammes en cas d'incendie.

Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments d'élevage existants en ce qui a trait à l'entretien du matériel?

Veiller à ce qu'un électricien qualifié examine régulièrement les installations électriques et mécaniques dans les bâtiments d'élevage en claustration afin d'y repérer tout signe de détérioration ou de corrosion. Tous les éléments jugés dangereux ou dans un état douteux doivent être réparés ou remplacés immédiatement.

Certaines compagnies d'assurances ont inspecté du matériel électrique (comme des panneaux et des fiches) au moyen de caméras à infrarouges pour déceler des points chauds (surchauffe) en vue de détecter des problèmes de corrosion.

Photographie infrarouge des éléments d’un coffret électrique. Photo : avec la permission de Randy Drysdale.

Figure 3. Photographie infrarouge des éléments d'un coffret électrique. Photo : avec la permission de Randy Drysdale. 

Quelles mesures peuvent être prises autour des bâtiments d'élevage existants en ce qui a trait à l'entretien général?

Faire le nettoyage régulier des lieux aux abords des bâtiments de manière à éliminer les matières potentiellement combustibles. Ces travaux peuvent comprendre le fauchage de la végétation entourant les bâtiments et l'enlèvement régulier des déchets à l'intérieur et aux environs des bâtiments. De même, tous les arbres à proximité des bâtiments doivent être élagués ou coupés.

S'assurer que les installations de stockage de carburant de la ferme sont situées à bonne distance des bâtiments et en assurer une gestion appropriée. Ainsi, les vapeurs inflammables libérées durant le ravitaillement des véhicules ou le remplissage des réservoirs ne seront pas entraînées à l'intérieur des bâtiments agricoles; elles se dissiperont plutôt dans l'atmosphère.

Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments agricoles pour minimiser la propagation des flammes et ainsi aider les pompiers à contenir et à éteindre le feu?

L'installation de coupe-feux efficaces dans les grands bâtiments agricoles et l'aménagement d'un chemin carrossable en toute saison permettant de circuler tout autour des lieux afin d'y faciliter l'accès du matériel de lutte contre les incendies constituent deux mesures initiales.

Le Code national de construction des bâtiments agricoles (CNCBA) précise une superficie maximale (taille du compartiment) à respecter dans les bâtiments agricoles à faible taux d'occupation humaine. Cette limite est de 4 800 m2 (51 600 pi2) dans le cas d'un bâtiment d'un seul étage, et de 2 400 m2 (25 800 pi2) dans le cas d'un bâtiment de deux étages. La taille du compartiment doit être ainsi réduite par l'intégration de séparations coupe-feu appropriées ayant une durée de résistance au feu d'au moins une heure.

De plus, selon le CNCBA (1995), les vides de construction dans les plafonds, les toits ou les greniers doivent être divisés au moyen de coupe-feu pour que leur dimension n'excède 30 m (100 pi) en aucun endroit.

En vertu du Code du bâtiment de l'Ontario, l'isolation des surfaces intérieures des bâtiments au moyen de matière plastique expansée exposée est interdite. Cette matière combustible doit être recouverte ou protégée par des matériaux résistants au feu, si elle est utilisée dans un bâtiment.

Un chemin carrossable en toute saison pouvant supporter le poids du matériel lourd doit être aménagé tout autour des lieux des bâtiments et doit être entretenu de manière à être utilisable tous les jours de l'année.

Dans tous les bâtiments, un extincteur de classe ABC d'au moins cinq livres (2,3 kg) doit être installé à toutes les sorties et dans tous les locaux d'installations mécaniques et toutes les salles de préparation des aliments. Dans les bâtiments équipés d'un générateur de secours, la salle qui le renferme doit être munie d'un extincteur de classe ABC d'au moins dix livres (4,5 kg).

Veuillez vous reporter aux ressources suivantes du MAAARO pour de plus amples renseignements sur les règlements du Code du bâtiment :

Le Comité consultatif technique de lutte contre les incendies à la ferme a publié un livre intitulé « Réduction des risques d'incendie à la ferme ». Ce livre comprend plusieurs recommandations en vue de prévenir et de réduire les incidences des incendies à la ferme.

Après l’incendie. Remarquez la taille de l’excavatrice par rapport à celle du bâtiment. Photo : avec la permission de Randy Drysdale.

Figure 4. Après l'incendie. Remarquez la taille de l'excavatrice par rapport à celle du bâtiment. Photo : avec la permission de Randy Drysdale.

Resources

Le MAAARO a de nombreuses ressources qui peuvent vous aider à avoir des bâtiments et des installations d'entreposage plus sécuritaires, à la ferme.

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